Bonheur manqué, 1889
VII. « J’entendais ; vos amis m’ont traité sous vos yeux »
Librairie Achille.
Fév.
J’entendais ; vos amis m’ont traité sous vos yeuxDe poète sans gloire et d’homme sans aïeux.C’est vrai, je ne suis rien ; mais, né parmi les rustres,J’ai senti, j’ai souffert comme les plus illustres.Demain, de vos amis qui donc se souviendra ?Tous ces gens-là feront, quand la mort les prendra,Des crânes inconnus et des cendres vulgaires.Je compterai plus tard, si je ne compte guères.Passent les mauvais jours de honte et de rancœur !...J’aurai peut-être un nom dans l’histoire du cœur.
10 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Bonheur manqué, Paris, Paul Ollendorff, éditeur, 1889· numérisation books.google.com· Sources