Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
X. « A l’éveil printanier des aubes et des rêves »
A l’éveil printanier des aubes et des rêvesLe doux secret de notre amour s’est révélé ;On entendait le son d’une flûte mêléAux brises qui portaient des fleurs jusques aux grèves ;
L’Été luxuriant berça nos heures brèvesDe l’ensoleillement de son midi troubléD’un seul frisson sonore et continu de bléRoux comme les cheveux des Éros et des Èves,
Et, l’Automne, dans ce verger où nous erronsNous vîmes se gonfler et mûrir sur nos fronts,Sans les cueillir, les fruits, tentants comme la gloire,
Qui mènent les Héros fabuleux loin du PortVers leur trophée et la conquête dérisoireD’une cendre qui gît sous une écorce d’or.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources