Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
IX. « J’ai ri, car vous aviez en vos yeux clairs le rire »
J’ai ri, car vous aviez en vos yeux clairs le rireIngénu de l’Aurore au matin des Avrils,Et le futur émoi des aveux puérilsDormant aux coins muets des lèvres qui vont dire ;
Et j’ai soumis naïvement à votre empireLe tribut apporté de mes orgueils virilsEt n’ai voulu courir que les très doux périlsDe vos caprices, de vos vœux et de votre ire ;
Et j’élus de rêver à vos pieds sans avoirD’autre délice, d’autre prix et d’autre espoirQu’un vol furtif des fleurs qui de vos tresses blondes
Tombent devant mes yeux indifférents et mortsA ces Avrils qui m’ont fait aimer les Vieux MondesOù vous n’étiez pas née à mes rêves d’alors.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources