Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
XI. « Le chaud soleil d’Été berça les incuries »
Le chaud soleil d’Été berça les incuriesDe mon rêve engourdi sans force ni vouloirEt ma vague torpeur qui s’est distraite à voirHouler les épis lourds des récoltes mûries.
La gloire du couchant flambe des cuivreriesDu soleil qui se meurt en sa pourpre du soirEt ce ciel de métal et de sang fait prévoirL’égorgement prochain des certaines tueries.
Au long d’un bois que le soleil atteint encorLe tranchant d’une faulx qui luit comme de l’orSemble un glaive oublié gisant dans l’herbe grasse ;
Près d’un sillon, miroite et se courbe le socD’une charrue avec des reflets de cuirasse,Et la Mer calme écume à la pointe d’un roc.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources