Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
XXXVIII. « Au milieu de ton front qu’un bandeau double enonde »
Au milieu de ton front qu’un bandeau double enondeS’étoile en pendeloque un seul diamant noirQui scintille et s’ajuste à l’argent du fermoir ;Quel Destin en passant l’y fixa de sa fronde ?
La prairie où vont tes pieds nus de fleurs abonde ;Quel Printemps ne se hâterait à ton espoir ?…Mais l’asphodèle germe et m’attriste de voirQu’ainsi l’Automne, et non les roses, te réponde.
Le Soleil au delà du fleuve, sur la Mer,Décline ; la forêt est de bronze et de ferAu crépuscule où se bleuit ta robe calme
Que fronce à la ceinture une face en camée…O Douloureuse dont, au lieu d’un poids de palme,Un taciturne Sort crispe la main fermée.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources