Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
XXXVII. « Celui-là qui sortait de la forêt des frênes »
Celui-là qui sortait de la forêt des frênesPar le chemin fleuri qu’il marquait de son sangA posé sur le marbre avec son poing puissantL’offrande de son glaive à sa gloire lointaine ;
Cet autre qui venait du pays des fontainesEn écoutait l’écho en larmes dans le vent,Et sur les marches où il s’est assis, Passant,Regarde, il a laissé cette flûte d’ébène.
Un autre avait enguirlandé le bloc sacréDe roses et de lierre et le plus jeune erréAutour avant d’y inscrire la strophe juste ;
Et, voyageur venu du nord d’un pays morne,Moi, je n’aurai porté sur l’autel qui s’en orneLes guirlandes, hélas, le glaive ni la flûte !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources