Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
VII. « Au site d’eau qui chante et d’ombrages virides »
Au site d’eau qui chante et d’ombrages viridesLa meute déroutée a tu ses longs abois,Et les chasseurs dans un bruit de cors et de voixSont partis sur la piste fausse à toutes brides ;
L’étang où n’ont pas bu les chiens n’a pas de rides ;Aucun pied n’a foulé l’orgueil des roseaux droits ;Nul trait aux troncs meurtris des grands arbres du boisN’enfonce un memento vibrant d’éphémérides ;
Et le Cerf qui s’en vient, le soir, apprivoisé,Quand, sur ma flûte puérile où j’ai croiséLes doigts, je joue un air coupé de lentes pauses,
A genoux m’offrira ses andouillers noueuxOù je suspens le poids d’un message de rosesPour Celle aux doux vouloirs que nous servons tous deux.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources