Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
VIII. « Les cheveux libérés du multiple entrelacs »
Les cheveux libérés du multiple entrelacsDes perles qui fixaient la lourdeur de leurs tressesSe déroulent avec les ondantes paressesD’une eau de fleuve ensoleillé très lent et las.
Au soir enfin venu de toute fête, hélas !Parmi l’oubli qu’on cherche aux fausses allégresses,Revient plus virginal à travers les ivressesLe doux parfum mélancolique des lilas.
Le Vin effervescent qui chante dans la têteNe fait-il pas rêver au lait tiède que tetteAu pis lourd et gonflé quelque chevreau gourmand ?
De tes cheveux nattés ôte les pierreries,O Divine, et, ce soir, buvons ingénumentÀ genoux dans les fleurs aux sources des prairies.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources