Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
XIX. « Aux frontons du Palais un lent vol de colombes »
Aux frontons du Palais un lent vol de colombesS’abat en tournoyant dans l’azur vert du soir…La cendre des bûchers éparse dans le soirPleut son silence sur le cri des hécatombes.
O lèvres qui riiez aux baisers des colombes !Et vous qui méditiez l’aveu d’un autre soir,O Vierges, fallait-il que votre sang, ce soir,Doublât de son tribut le prix des hécatombes ?
La blancheur de vos chairs se tordit aux brûluresDes flammes qui montaient et que le vent du soirAgitait sur vos front comme des chevelures,
Le vent qui dispersa vos cendres en semaillesVers les champs où repose au sarcophage l’HoirRoyal dont votre mort para les funérailles.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources