Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
XX. « Ce décor a bercé les rêves d’un autre Age »
Ce décor a bercé les rêves d’un autre Age…Cette Harpe a rythmé des refrains plus frivoles,Et la poussière semble au marbre des consolesLa poudre qui tomba de quelque doux visage ;
Les candélabres hauts offrent comme un hommageLeurs cires où brûla le feu des flammes folles,L’écho bégaie et dit d’incomprises paroles,Le miroir s’est fermé sur un dernier mirage ;
Dans la chambre féconde en malaises étranges,Par la fenêtre ouverte en ses rideaux à frangesD’où l’on voit aux lointains bleuis des avenues
L’étang où luit l’éclair brusque d’un saut de carpeEt le jardin désert où rêvent les statues,Le doigter du vent vibre aux cordes de la Harpe.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources