Premiers poèmes, 1885‑1890· Poésies diverses 1886-1890
Bagues
La proue où ton doux geste enlaçait la SirèneComme d’une caresse à quelque sœur captiveEst prise pour jamais aux roseaux de la rive.
Le pavillon d’écarlate s’affale et traîneDans l’eau morte en lourds plis oubliés de la briseQui meurt en les roseaux où la galère est prise.
Le lac clair où nos doigts semaient des pierreriesDans les sillages élargis parmi l’eau plane,Garde le vieux trésor dormir en son arcane.
Si nous lavions, un soir, au flot nos mains meurtries,es poissons viendraient-ils à l’éveil de nos ramesNous rapporter les bagues d’or que nous jetâmes ?
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources