Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
XXI. « Et les voici liés au mal des sortilèges »
Et les voici liés au mal des sortilègesLes Héros qui voulaient à travers les périls,En la fatuité de leurs rires virils,Cueillir la fleur de flamme et les lis blancs des neiges ;
Eux qui rêvaient la gloire lente des cortèges,Et, pour futur exemple aux siècles puérils,Les palmes rayonnant leurs éternels AvrilsComme un défi d’orgueil aux oublis sacrilèges.
Mais leur désir de rose aux seins s’épanouit ;Le lis qui fascina leur regard éblouiC’est la laine filée aux quenouilles d’Omphales,
Et, raillant l’inertie où leur rêve s’endort,D’ironiques rappels de marches triomphalesPassent comme un bourdonnement de guêpes d’or.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources