Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
V. « Ce fut au soir joyeux d’un avril où la fonte »
Ce fut au soir joyeux d’un avril où la fonteDes neiges transformait les pentes des sentiers,Sonores de cailloux et roses d’églantiers,En ruisseaux dévalant vers le fleuve qui monte ;
La toison des brebis s’en allait sous la tonte,Laines que l’autre hiver tisseront les métiers,Auprès du feu, comme ce soir où vous chantiezL’ode d’un vieux poète à Vénus d’Amathonte ;
Et tout ce long hiver jusqu’à ce jeune avrilJe vous aimai d’un vain amour si puérilQu’il ne fallut rien moins pour que je m’enhardisse
Que la complicité des mousses où l’on dortEt ce Printemps, pour qu’entre mes bras je vous prisse,Un soir, devant ce grand bélier à cornes d’or.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources