Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
IV. « J’avais marché longtemps et dans la nuit venue »
J’avais marché longtemps et dans la nuit venueJe sentais défaillir mes rêves du matin,Ne m’as-tu pas mené vers le Palais lointainDont l’enchantement dort au fond de l’avenue,
Sous la lune qui veille unique et singulièreSur l’assoupissement des jardins d’autrefoisOù se dressent, avec des clochettes aux toits,Dans les massifs fleuris, pagodes et volière ?
Les beaux oiseaux pourprés dorment sur leurs perchoirs,Les poissons d’or font ombre au fond des réservoirs,Et les jets d’eau baissés expirent en murmures,
Ton pas est un frisson de robe sur les mousses,Et tu m’as pris les mains entre tes deux mains doucesqui savent le secret des secrètes serrures.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources