Premiers poèmes, 1885‑1890· Épisodes 1888· La grotte
« Cette heure de sieste lasse s’alourdit »
Cette heure de sieste lasse s’alourditDu Rêve évanoui de quelque vie éteinte,Décor vague dans l’eau qui dort mirant sa feinteDe paysage inverse au fleuve de midi.
Il flotte un vieil aveu que mon amour a dit,Émoi perpétué de quelque folle crainte…Au lointain d’un passé se cambre à mon étreinteL’offre pour mon désir d’un torse nu roidi.
Mais ma bouche n’a plus de lèvres pour redireLes mots dont ma parole a leurré le sourireDe la Naïveté qui croyait à ma Foi ;
Mes bras ne savent plus l’enlacement qui noue,Et mon sang a coulé par le cruel exploitDu Sagittaire astral dont la flèche me troue.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources