Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
III. « Choisis ! la nuit s’achève et sur la Mer qui bêle »
Choisis ! la nuit s’achève et sur la Mer qui bêleComme un troupeau pressé qu’on pousse dans les brumesCouchée en la toison éparse des écumesPeut-être verras-tu venir Vénus la Belle !
Elle est le rêve préféré de ceux qui vontPromener par la nuit leur désir qu’a tentéL’espoir de voir surgir le divin corps vanté,Blanc comme l’aube blanche éclose au ciel profond ;
Toi qui dédaignes tout trivial simulacreDe celle qui descend de sa conque de nacreParfois mettre un baiser sur les fronts qu’elle sacre,
Résigne-toi, sinon vers les Cités accours,Car celui qui préside aux vulgaires amoursLe Priape velu s’érige aux carrefours.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources