Premiers poèmes, 1885‑1890· Épisodes 1888· Sponsalia
« Dès la fauve clarté d’un midi nuptial »
Dès la fauve clarté d’un midi nuptial,Vers les parvis jonchés éclate un chant de fêteSacrant l’avènement du jour initialOù meurt tout un passé sur qui la nuit s’est faite.
Les hymnes triomphaux redits à pleine gorgeSe taisent et le soir qui saigne aux horizonsS’attriste du sanglot d’un rêve qu’on égorge,Holocauste dernier aux vaines déraisons.
La Noce foule et fane en la route bénieLes fleurs d’un autre Avril qui fut une autre VieMorte à jamais avec ses affres ou sa joie ;
Et sur l’Escalier où le cortège se range,D’un geste langoureux la Fiancée octroieSa main à l’anneau, lourd de quelque pierre étrange.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources