Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
Épilogue
Nous irons vers la vigne éternelle et fécondeEn grappes pour y vendanger le Vin d’oubli,Le soir n’a plus de pourpre et l’aurore a paliEt la promesse ment aux lèvres du Vieux Monde ;
Nous irons vers la rive où triomphe un décorD’étangs muets et de sites en somnolence,Où vers une mer morte un fleuve de silenceBifurque son delta parmi les sables d’or ;
Toi la vivante et la diseuse de parolesTu voulus m’enchaîner aux nœuds des vignes folles,J’ai brisé le lien de fleurs du bracelet.
Hors le tien, tout amour, ô Mort, est dérisoirePour qui sait le pays mystique et violetOù se dresse vers l’autre azur la Tour d’Ivoire.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources