Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
XXV. « Et nous vîmes des morts d’étoiles et les phases »
Et nous vîmes des morts d’étoiles et les phasesDes astres éperdus au ciel bleu des minuits,Et l’éternel désir qui nous avait induitsA l’amour nous mentir ses promesses d’extases.
La cendre chaude encor recèle les topazesQui constellaient les murs de nos palais détruits ;Les terrasses de fleurs où veillèrent nos nuitsOnt croulé pierre à pierre au fleuve et vers ses vases
Où roule la torpeur d’un lent flot oublieuxDu mirage aboli des astres et des yeux…Et nul ne saura plus le nom de ces ruines
Lorsque s’envolera d’un séculaire essorLe vigilant témoin muet des origines,L’Ibis rose qui rêve entre les roseaux d’or.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources