Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
XXII. « Sur les parterres blancs et les façades closes »
Sur les parterres blancs et les façades closesUne clarté de lune et de rêve s’étend,Et nous avons longé le bord du vieil étangOù flotte la senteur vespérale des roses ;
La nuit lunaire est bonne aux rêves noctambulesHasardant leur recherche au perron écroulé,Et c’est comme un écho des pas qui l’ont fouléQue font nos pas sur le pavé des vestibules ;
Le passé de nos cœurs est lourd de rêves mortsEt nous voulons savoir si l’urne ne recèleEn l’oubli de ses flancs de suprême parcelle,
Et c’est pourquoi, par les nostalgiques décors,Nous allons, recherchant parmi les pompes mortes,Si nul rais de clarté ne filtre sous les portes.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources