Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
XXIV. « Près de la haute croix qui son ombre projette »
Près de la haute croix qui son ombre projetteSur les sables déserts des plages où tu meurs,De tes silences, de ta voix, de tes rumeurs,O Mer tu berceras les rêves de l’Ascète !
Défends la solitude éternelle et quièteOù s’est réfugié près de tes flots grondeursL’Exilé de la Joie et des Luttes d’ailleurs…Le couchant éblouit, là-bas, comme une fête,
Et quels éclats de pourpre où se drape la MortDoivent tomber sur la Ville de l’autre bordOù l’air lourd et fleuri suffoque d’aromates,
Et sur le Cirque, blanc des sables de la mer,Où des Lions, avec des têtes sous leurs pattes,Rêvent parmi le sang et les lambeaux de chair.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources