Premiers poèmes, 1885‑1890· Les lendemains 1885
Expérience
J’ai marché derrière eux, écoutant leurs baisers,Voyant se détacher leurs sveltes silhouettesSur un ciel automnal dont les tons apaisésAvaient le gris perlé de l’aile des mouettes.
Et tandis qu’ils allaient, au fracas de la merHeurtant ses flots aux blocs éboulés des falaises,Je n’ai rien ressenti d’envieux ni d’amer,Ni regrets, ni frissons, ni fièvres, ni malaises.
Ils allaient promenant leur beau rêve enlacéEt que réalisait cette idylle éphémère ;Ils étaient le présent et j’étais le passéEt je savais le mot final de la chimère.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources