Premiers poèmes, 1885‑1890· Apaisement 1886
For Ever
Ce doux portrait où votre grâce était mêléeAu déguisement cher aux femmes d’autrefois,En costume de Diane et flèches au carquois,Cette image de vous si pâle et pastellée,
Je l’ai brutalement brisée entre mes doigtsEt sa poussière fine au vent s’est en allée ;J’ai si bien désappris ta mémoire exiléeQue je redis ton nom sans que tremble ma voix.
Nul écho revenu de votre rire en fêteNe trouble cette paix durable qui s’est faiteEn mon cœur sur ce vieil amour que j’ai pleuré
Et que je sais bien mort sans peur qu’il ressusciteEt dont il m’est au fond de l’âme demeuréLe poids inavoué d’un souvenir tacite.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources