Premiers poèmes, 1885‑1890· Les lendemains 1885
Jeune espoir
J’ai voulu bannir l’espéranceDe mon cœur trop vite ulcéré,J’ai, dès la première souffrance,Précocement désespéré ;
Et parce qu’un jour j’ai pleuréSur un amour, rêve d’enfance,Naïf, j’ai cru que je mourraiDe cette triste expérience ;
Et j’ai pensé comme beaucoupQue blessé de ce premier coupJ’en garderai la cicatrice ;
Bientôt j’ai senti la douceurEt les soins de ta main de sœur,O Jeunesse consolatrice !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources