Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
XVIII. « L’air du matin est gai de fraîcheurs fluviales »
L’air du matin est gai de fraîcheurs fluviales ;Le fleuve est parfumé des odeurs du malin.Oh le rire et l’éclat des Baigneuses rivalesPar les perles du rire et les perles du bain !
L’aurore sur les prés fut blanche et sérieuseEt pareille au regard d’une femme aux doux yeux ;Et mon âme en son rêve est doublement joyeuseDe la paix de la terre et du salut des cieux.
Une Étoile pâlit à l’orient du ciel,Et l’étoile m’a guidé comme les BergersAu pays pacifique où les fleurs et le miel
Des jours suaves font nos pensers plus légersQue les vols épeurés au bruit des lavandièresDes oiseaux ricochant sur l’eau tels que des pierres.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources