Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
XIX. « Les Neuf Sœurs, sur le mont païen rose à l’aurore »
Les Neuf Sœurs, sur le mont païen rose à l’aurore,Parmi les verts lauriers et les fontaines d’eau,Rêvent dans la prairie où le jour calme et beauSe parfume des fleurs que la nuit fit éclore.
Euterpe, la divine, et Celle dont s’honoreD’être sœur Érato, Polymnie et Clio,Et Mnémosyne écoute retentir l’échoQu’éveille au doux gazon le pas de Terpsichore.
L’ombre lente descend aux plaines ; c’est le soirOù vont là-bas, parmi le bois farouche et noir,Les Héros nus, tueurs d’Hydres et de Méduses.
Les Sœurs dorment, et, seule, au flanc du mont sacréUranie au ciel voit sur le sommeil des MusesMonter la claire étoile et l’astre inespéré.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources