Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
XVII. « Lourds de mémoires magnifiques et rieuses »
Lourds de mémoires magnifiques et rieusesLes soirs à toute gloire ont plus beaux survécu ;O visages passés au miroir de l’écu,O mélancoliques faces et furieuses !
L’Amazone a heurté du sein l’orbe de ferOù s’exalte à se voir au métal son sourire…Mêle pour le tombeau le basalte au porphyreSous les grands soirs mornes qui montent de la Mer.
La Gloire n’a pas plus de nom que l’Onde ou l’OmbreEt le vent et la pluie en rongent le décombreSans que rien au passant y rappelle un Destin
Altier ou triste encor, selon qu’en son écumeLa Mer vaste en apporte, où le bruit s’est éteint,L’héroïque rumeur ou la grave amertume.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources