Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
XXXIII. « L’An qui passe s’assied à vos pieds, dans les fleurs »
A Mme F. V. G.
L’An qui passe s’assied à vos pieds, dans les fleursDont votre main moissonne un gai bouquet de joie.Il regarde, en chantant, votre joue où rougeoieUne rose qu’encore il n’a point vue ailleurs.
Le Printemps et l’Été l’accompagnent et leursBeaux gestes où toute leur science s’emploieVous vêtent tour à tour de gazes et de soie ;L’Automne vous sourit au travers de ses pleurs.
L’Hiver est là, Madame, et la nouvelle Année,Vous voyant ainsi telle et d’un or couronnée,Prend la place à vos pieds qu’y tenait l’An qui fuit,
Non sans dire en partant à sa Sœur qu’il vous laisse,De s’asseoir près de vous et d’aimer comme luiLa rose que fleurit votre lente jeunesse.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources