Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
XXXIV. « La maison du passé chancelle où l’âtre mort »
A Pierre Louÿs.
La maison du passé chancelle où l’âtre mortDe tes espoirs et de tes jours fit une cendre…Le tentateur trophée au mur est las de pendre ;Prends-y la clef magique et la bague et le cor.
Pars. Dans la nue au ciel s’amalgame et se tordAvec la Nuit la Chimère qui va descendreEt, baignée au lac clair de la forêt, te tendre,Sa face qui sourit sous son masque qui mord.
Loin du décombre, hélas ! et de l’âtre éteint, pourLe geste de ta main vers le trophée, un jour,Te voici, parmi l’ombre, Errant — ô pâle gloire !
Destin mystérieux que hante un songe où luitL’inoubliable aspect de la face illusoireQui se fronce aux confins du Ciel et de la Nuit.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources