Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
XV. « L’antique Mort aux pas légers d’adolescente »
L’antique Mort aux pas légers d’adolescente,La robe d’hyacinthe et la fleur et la faulxEt les parures de roses et de métaux,Trésors de l’antre noir, du ciel et de la sente,
Le visage parmi l’aurore florescenteEt pâle comme la lune au-dessus des flots…Ses pas mystérieux ont des douceurs d’échosEt sa venue est le retour de quelque absente.
L’herbe épaisse est la mer viride où nous sombrons,L’herbe longue se greffe aux cheveux de nos fronts,Les cailloux mêleront nos os à leur poussière.
Et voici qu’apparaît de l’ombre, indifférenteA meurtrir ce Destin doux à sa meurtrière,L’antique Mort aux pieds hardis de conquérante.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources