Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
XVI. « La Porte s’ouvre d’or et d’airain. Mon Espoir »
La Porte s’ouvre d’or et d’airain. Mon Espoir,Entreras-tu parmi ceux-là qu’un doute rongeDans la maison de ton Destin où se prolongeL’intérieur écho provoqué du heurtoir ?
Dans la dernière salle, au mur, est le miroirOù se verra ta face ainsi qu’elle se songe ;Selon ton âme véridique ou ton mensongeTa vie à jamais telle ira jusqu’à son soir.
La porte s’ouvre. Entre ou recule. C’est le seuilDe la douce douleur ou du sonore orgueil,Et nul n’a repassé le vestibule sombre
Pour, au nom de la cendre et du laurier amer,Dire, du haut du porche à ceux qu’en tente l’ombre,Si le masque d’or pâle a des lèvres de chair.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources