Premiers poèmes, 1885‑1890· Épisodes 1888· Les mains
« L’appareil varié des riches artifices »
L’appareil varié des riches artifices,Étoffes, fards, bijoux, sourires, tu les as !Mais les robes sont d’un tel poids à ton corps lasQu’elles glissent au nu de tes épaules lisses ;
Comme un couchant de flamme au froid des horizonsTransfigurant la plaine où gisent les scories,Le fard posé ravive à tes lèvres meurtriesLe jeu de leur sourire et de tes pâmoisons ;
Et l’étoile de diamants aux pendeloquesDe tes oreilles a, sur tes nuits équivoques,Lui comme sur mes soirs de mal les astres vrais ;
Et cette lassitude égale nous convieA joindre nos destins douloureux et navrés…Vous qui savez si bien les hontes de la Vie.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources