Premiers poèmes, 1885‑1890· Apaisement 1886
L’heure
Le bruit irrégulier de notes égrenées,La caresse de mains sur le clavier traînéesAvec un abandon indifférent et las ;
D’un vase de Chine à parois enluminées,Sur le tapis luisant d’étoffes satinées,Choit la défleuraison de grappes de lilas ;
Et la pendule blanche et frêle en porcelaineQui bat dans l’ombre avec une douceur d’haleineLaisse tomber ses coups, un à un, comme un glas ;
Et, dans le cœur lassé de sa recherche vaine,S’éveille tristement la mémoire lointaineDe bonheurs disparus qui ne renaîtront pas.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources