Premiers poèmes, 1885‑1890· Apaisement 1886
Solitude
Comme au fond des vieux parcs déserts et dédaignésOù dort en des bassins disjoints une eau verdie,Il serait triste et doux d’errer, l’âme engourdie,Sous l’abri reposant des arbres alignés ;
Il s’allume au couchant des lueurs d’incendieLe vent passe dans les feuillages éloignés ;C’est comme un bruit plaintif de sanglots résignésPleurant les deuils lointains de quelque perfidie…
Et voici le rond-point, et vers l’ancien châteauMonte en rétrécissant sa courbe régulièreUn large escalier double à balustres de pierre ;
Et l’on va, s’accoudant aux rampes, et, bientôtLa lune bienveillante aux endroits solitairesÉclaire vaguement les bois et les parterres.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources