Premiers poèmes, 1885‑1890· Apaisement 1886
L’île
A Stéphane Mallarmé
Avec son chant calmeur qui soulage les âmesPar l’assoupissement des moroses pensers,La mer s’en vient mourir en rythmes cadencés,Berçant de vieux espoirs dont longtemps nous rêvâmes.
Et le désir nous prend de voguer sur les lamesAu roulis vagabond des vaisseaux balancés,Par des pays brûlants et des climats glacés,En de frigides nuits et des midis de flammes,
Pour voir (ô rêve inné soudainement éclos)Sur cette immensité frissonnante des flots,Aux confins de la mer brumeuse et matinale,
Surgir à l’horizon s’ouvrant comme un décorDans le magique éclat d’une aube virginaleL’Île des fleurs de pourpre et des feuillages d’or.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources