Premiers poèmes, 1885‑1890· Apaisement 1886
Victoire
Sur la plaine la nuit solennelle descendAvec l’apaisement du silence et de l’ombre,Et dans les chemins creux que la déroute encombreLes boucliers ont chu dans des flaques de sang.
Au revers des fossés la terre cède et glisseEn larges pans sous l’escalade des fuyards…Et le roi triomphant voit sur ses étendardsOuvrir ses ailes la Victoire, sa complice.
Et sur un tertre, groupe implacable et serein,Quatre hérauts coiffés de casques à crinièresCollent obstinément leurs haleines guerrièresA embouchure d’or des trompettes d’airain.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources