Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
XXIII. « L’oiseau bleu de l’espoir vola de saule en saule »
L’oiseau bleu de l’espoir vola de saule en sauleDevant elle, par les routes où le vent ritDe venir de la forêt et du pré fleuri,Et l’oisel se perchait parfois sur son épaule.
Une robe de joie et de joyaux d’orgueilLaissait vivre en ses plis des trames de chimères…L’aurore a défeuillé les roses éphémèresEt le chemin est morne à l’Étrangère en deuil.
Son sourire habita les palais de l’Été,Les automnes en ses tristesses ont été ;Sa douceur porta des palmes et des colombes.
Son Âme fut une guerrière aux belles armesQui regardait, le soir, sur la pierre des tombes,L’ombre des noirs cyprès grandir comme des larmes.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources