Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
III. « L’or clair de vos cheveux est la moisson stérile »
L’or clair de vos cheveux est la moisson stérile,Vos yeux mentent l’azur de leur limpidité,Et l’Espoir a péri comme un couchant d’ÉtéOù pleure un floral sang de roses qu’on mutile.
Yeux de source et chevelure fluviatile,Bouche d’enfant qui rit de toute la gaîté !Et tout ce qui fut précieux d’avoir été,Et les bouquets d’Août sur les sables de l’île…
Le soir est violet sur la forêt bleuieOù votre voix jadis à chanter fut ouïeParmi l’aurore en fleurs et les oiseaux joyeux ;
Et pourquoi veniez-vous ainsi devers les plainesAvec, en votre chevelure et par vos yeux,La promesse des ors féconds et des fontaines ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources