Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
IX. « L’orgueil, l’amour, l’or triste et la vieille Chimère »
L’orgueil, l’amour, l’or triste et la vieille ChimèreQui traverse la nuit comme un oiseau perduOnt torturé ton cœur et tenté ta misèreO Mendiant à qui quelque trésor est dû.
La gloire du couchant fut ta pourpre éphémère,Tu te songeas royal selon cet attributEt tes mains ont puisé la gemme imaginaireA l’eau de toute source où ta lèvre avait bu.
Lucifer et Vesper ont brillé sur ta tête,Et tu connus l’aurore où chante l’alouetteEt l’ombre ample et profonde où pleurent les hiboux ;
Et tu sais, Vagabond, sage d’antiques preuves,S’il vaut mieux préférer pour vivre loin des fousLes dieux velus des bois aux dieux barbus des fleuves !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources