Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
X. « Vers la mer, de la plaine en fleurs où rit l’aurore »
Vers la mer, de la plaine en fleurs où rit l’auroreEn un éveil de joie et de clarté subite,Vers la Mer, où la flotte au port s’ancre et s’abriteSous les riches pennons que sa mature arbore !
Vers la mer, du bord d’ombre où la nuit couve encoreEn une obscurité de faillis qui palpiteVers la Mer, où la vague au choc des rocs s’irriteD’écume épanouie et de rage sonore !
Vers la plaine, la mer et le ciel enflammé,Hommage guttural à l’honneur du vieux MaiVainqueur de la saison mauvaise et des mois mornes,
Un Satyre à mi-corps sortant de la forêtDont le feuillage enguirlanda ses torses cornesSonne en sa conque à l’aube claire qui paraît.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources