Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
XV. « La maternelle Mer aux vagues monotones »
La maternelle Mer aux vagues monotonesA bercé notre amour de son flot incessantDans la grotte où fleurit le luxe éblouissantDes métaux ignorés et des fleurs sans automnes ;
Les cristaux incrustés aux rondeurs des colonnes,A la mort du soleil, se teignirent de sang,Et l’heure épanouit le rire qui consentDe tes deux lèvres, sœurs de chairs des anémones
Ainsi j’ai triomphé de Toi dans l’antre obscurOuvrant sa baie énorme et ronde sur l’azur…Et nous restions, au bruit des houles murmurantes,
A suivre, en son déclin rayant le ciel plus clairParmi l’effacement des étoiles mourantes,La comète aux crins d’or qui tombait dans la Mer.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources