Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
XVI. « Un caprice cruel a cloué sur la proue »
Un caprice cruel a cloué sur la proueDu navire porteur de voiles et d’espoirLa Sirène qui tient en sa main un miroirEt dont la chevelure éparse se dénoue.
La Charmeuse qui sur la plage où la mer troueDe son flot obstiné le rocher dur et noirVers la côte attirait le voyageur du soirEt vers l’écueil inévitable où l’on échoue,
Privée à tout jamais du vieil enchantement,Regarde l’accalmie et le déroulementDe la houle muette aux horizons où monte
Le deuil d’ombre qui suit la chute des soleils :Nuit où son chant n’arrête plus la course prompteDu navire porteur d’espoirs et de sommeils.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources