Premiers poèmes, 1885‑1890· Sites 1887
XIV. « Le fleuve a recouvert la berge et, par les plaines »
Le fleuve a recouvert la berge et, par les plaines,Roule en ses flots grossis les fleurs des vieux ÉtésEt les bouquets du haut des terrasses jetésPar l’ennui qui s’accoude aux Villas riveraines.
Les feuilles ont jonché le bassin des fontainesOù les arbres du parc miraient leurs soirs fêtésDe lanternes, les soirs d’idylliques gaîtésDont l’écho vibre encor après tant de semaines.
Comme une barque où sont de bons musiciensSous un tendelet pourpre et des femmes paréesJetant des fleurs, là-bas, mes Rêves anciens
S’en vont à la dérive au gré des eaux marbréesVers le Soleil couché des jours étésiensPar delà le vieux pont aux neuf arches cintrées.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources