Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
XXVII. « La Mort ardente et triste aux grèves de la Mer »
La Mort ardente et triste aux grèves de la MerA posé ses pieds froids sur le sable d’auroreEt parmi les algues qu’elle foule elle ignoreUne chevelure de quelque front amer.
Par les près lents elle a marqué ses pas de chairAu chemin qui s’en va vers la forêt sonore,Et j’ai vu son sourire efflorescent écloreAux lisières d’été que crispe le vent clair.
La Mort lasse a passé les vergers et les vignesEt les nénuphars blancs mouraient comme des cygnesAux étangs où mira sa robe son deuil noir ;
Et, plus douce qu’une ombre étrange de sœur morte,Elle est venue, ainsi qu’une Amante, le soir,Asseoir son ombre grave à l’ombre de ma porte.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources