Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
XXVI. « O pauvre Âme, frissonne et pleure. Que t’importe »
O pauvre Âme, frissonne et pleure. Que t’importeMaintenant des hâleurs de la berge où les pasSont des bonheurs peut-être qui n’entreront pas ?Le hibou cloué veille au vantail de la porte.
L’oiseau triste du seuil garde ton Âme morteA l’écho parvenu des efforts de là-basToujours plus faibles, toujours mornes et plus lasEt qui halent la barque et qu.e l’Espoir exhorte.
La pluie éperdument crible le fleuve clair,Oh souviens-toi des flèches froides dans ta chair,Souviens-toi de ta chair froide parmi les flèches !
La Maison t’a reçu blessé. Le noir portailGarde à ton mal un silence de chambres fraîchesEt l’oiseau morne saigne aux clous d’or du vantail.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources