Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
XI. « La Tisiphone d’or sur un socle d’airain »
La Tisiphone d’or sur un socle d’airainDarde ses yeux de gemme et rit d’un mauvais rireEn l’ombre de la chambre où la rose et la myrrheSe mêlent à l’odeur d’un plumage marin.
Le lit de peau de grèbe est blanc comme un terrainOù s’argente de lune une mousse, et la cireEst morte du flambeau que haussait un SatyreFiguré nu, rieur en sa barbe de crin.
Le mur ouvre sa vitre qu’un émail cloisonneSur la Nuit glaciale d’astres dont frissonneL’amant de ton délice en tes bras prélassé.
Un pas dans la hêtraie a marché sur les faines ;Prends garde ! hier l’Enfant roux que ton geste a chasséAiguisait son couteau sur le grès des fontaines.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources