Premiers poèmes, 1885‑1890· Apaisement 1886
La tombe sure
A Leconte de Lisle.
Pour dormir le sommeil que ne troublera plusL’importune rumeur de la Terre qui clameAlentour, c’est bien la tombe que je réclamePour y coucher l’oubli de mes jours révolus ;
Le séjour envié que garde à ses élusLa douce mort, si douce aux fatigues de l’âme ;C’est bien l’asile inviolé que rien n’entame,Même le flot monté d’irrésistibles flux ;
Car la mer secourable et qui berça mes lèvesUn jour envahira les dunes et les grèves,Gonflant l’expansion de sa vague qui dort ;
Ayant constitué son niveau tutélaire,La mer sera pour moi comme une double mort,Scellant de tout son poids la dalle tumulaire.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources