Premiers poèmes, 1885‑1890· Épisodes 1888· Lux
« La torche des glaïeuls s’enflamme aux clairs midis »
La torche des glaïeuls s’enflamme aux clairs midisQu’un bois d’ombre bleuit par delà le grand FleuveAux bords frôlée de brise, un peu, pour que s’y meuveEn ondes le flot glorieux des blés blondis ;
L’essaim bourdonne en nimbe autour des ruches pleinesParmi le val où l’herbe abonde de fleurs d’or,Et dans l’azur fendu d’un sillage d’essorDes vols d’oiseaux fuyards rament à toutes pennes.
Tout l’éphémère éclat des rives et des cielsRayonne en ces midis qui mûrissent les miels,Et c’est la chute lente et seule d’une plume,
A l’horizon des routes où vont nos pas seulsJusqu’à la nuit d’un crépuscule où se consumeLe flamboiement fleuri de pourpre des glaïeuls.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources