Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
XXX. « Le bon soleil, là-bas, épanouit des roses »
Le bon soleil, là-bas, épanouit des rosesQui chancellent déjà sous l’azur étouffant ;Voici des floraisons grimpantes s’agriffantAux barreaux refleuris des fenêtres moroses.
Les vitres de clarté sont des yeux éblouisD’avoir reverbéré les campagnes pâmées,Et tout rire de feuille est mort sous les raméesPour la paix de nos fronts parmi l’herbe enfouis.
De claires fleurs pavoisent l’ombre des tonnelles ;Les duvets des chardons sont des laines d’agnellesQui flottent dans l’air lourd, lasses et sans aller ;
Et dans les prés, par saccades avec des pauses,Quelque ruisseau qu’on ne voit pas semble bêlerPareil à des brebis paissant parmi les roses.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources