Premiers poèmes, 1885‑1890· Sonnets 1888-1890
XXXI. « Lieu de pierre et de marbre entre les glaciers clairs »
Lieu de pierre et de marbre entre les glaciers clairsEt, parmi la forêt compacte, terre nueÉparse sous le ciel, les astres et la nueOù du sang se cailla par l’âpre vent des mers !
Lieu funèbre et maudit où les soirs sont désertsComme de quelque obsécration inconnue,Pour des siècles, imprécatoire et continue,Qui défendrait d’errer sur ces rochers amers.
Peut-être fut-ce là que sous les yeux des Anges,Au temps où le soleil séchait les vieilles fangesDes déluges décrus et dès lors oubliés,
Que le Héros lutta contre l’Hydre et fut lâcheEt qu’il fallut que les Célestes ChevaliersSouillassent leurs glaives au sang de cette tâche ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premiers poèmes, Mercure de France, Paris, 1907· numérisation gallica.bnf.fr· Sources